Points clés
- 01 David Dosseh est chirurgien devenu militant après avoir soigné des centaines de blessés lors des violences post-électorales de 2005 au Togo, qui firent entre 500 et 1 000 morts.
- 02 Il coordonne Tournons La Page Togo et le Front Citoyen Togo Debout, militant pour la démocratie à travers la remobilisation citoyenne et les réseaux sociaux.
- 03 Il cite Fovi Katakou comme modèle de l'activiste de demain : paralysé mais inarrêtable, organisant et sensibilisant depuis sa connexion internet.
En 2005, le dictateur Gnassinabé Evadéma est mort subitement d'une crise cardiaque. Son fils Faure s'est emparé du pouvoir le soir même. Deux mois plus tard, lorsque les résultats des élections ont été annoncés, je travaillais comme chirurgien à l'hôpital principal de la capitale. Je suis resté là 3 jours et trois nuits, travaillant sans interruption. L'armée et les milices avaient ouvert le feu sur les manifestants, faisant entre 500 et 1 000 morts et entre 4 000 et 5 000 blessés. Un garçon, qui n'avait même pas 20 ans, m'a demandé s'il allait s'en sortir. Je lui ai répondu que oui. Mais ses blessures étaient trop graves. Il est mort pendant l'opération. Cet événement a été le déclencheur pour moi.
Je n'ai pas d'outil spécifique en tête, mais plutôt une stratégie : la remobilisation, à travers les réseaux sociaux et les communautés locales (qui sont au cœur même des sociétés africaines). La nouvelle génération doit accepter les sacrifices que requiert l'activisme. En 2017, nous avons organisé une grande marche. Elle a rassemblé beaucoup de monde, mais nous n'avions pas prévu la suite, et tout s'est effondré. Une forme puissante d'activisme au Togo pourrait être le sit-in.
Je pense à Fovi Katakou, voix infatigable d'un Togo libéré de la dictature. Bien que paralysé, à l'exception d'un bras, il refuse de se taire. Même après avoir été arrêté et emprisonné, il reste engagé, en particulier en ligne : il organise, sensibilise, crée des réseaux. Il incarne l'activiste de demain : résilient, connecté, inarrêtable. Facebook: https://www.facebook.com/fovikate/
« Un garçon, qui n'avait même pas 20 ans, m'a demandé s'il allait s'en sortir. Je lui ai répondu que oui. Mais ses blessures étaient trop graves. Il est mort pendant l'opération. Cet événement a été le déclencheur pour moi. »
Points de vue inspirants par David Dosseh / Interviewé(e) par Fondemos.
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