Points clés
- 01 Mahn Mahn a fondé la Border Health Development Foundation pour apporter des soins médicaux aux populations birmanes vulnérables en zones de conflit, loin des structures formelles.
- 02 Son engagement a évolué du combat pour le peuple Karen vers la défense de toutes les ethnies birmanes, puis de toutes les personnes vulnérables depuis 2024.
- 03 Pour lui, la réconciliation entre dirigeants karens et birmans et la confiance envers la jeunesse sont les clés du développement durable de la région Karen.
Mon père était un membre de la l'Armée de Résistance Karen (KRA), il est mort quand j'avais 8 ans. Quand mon père a rejoint l'ARK toute ma famille a été arrêtée et frappée, j'avais 6 ans. J'ai été mis en prison pendant 1 an. À 19 ans, j'ai rejoint le l'Union National Karen (KNU). J'étais entièrement dévoué à me battre contre ceux qui avaient humilié mon peuple. En 1988, j'ai commencé à travailler dans l'hôpital de première ligne dans la jungle. En 1996, j'ai créé une petite clinique dans le canton de Papun situé dans l'État Karen. Ensuite, j'ai voyagé jusqu'à Maé Sot afin de recevoir du matériel médical de la clinique Dr. Cynthia. En 1998, nous avons fondé la " Backpack Health Worker Team ". En 2012, j'ai participé aux élections du KNU et j'ai été élu secrétaire adjoint du KNU.
Avant le coup d'État, j'étais déjà clairement engagé en politique et très inquiet quant à la situation du pays, j'ai essayé de lutter contre l'Accord national de cessez-le-feu (NCA) signé en 2015. À ce moment-là, la KNU était divisée autour de la question du cessez-le-feu signé.
Après le coup d'État, le Gouvernement d'unité nationale (NUG) et les Forces de Défense du Peuple (PDF) ont été créés. J'étais fortement en accord avec la vision du PDF mais je n'étais pas satisfait de la stratégie du NUG car ils n'étaient pas bien informés sur les perspectives de politiques ethniques. D'un autre côté, le groupe de résistance ethnique non plus ne faisait pas totalement confiance au NUG. J'ai décidé de ne pas m'engager directement dans la KNU ou le NUG ou la PDF. Je crois qu'en m'engageant indirectement dans ce conflit en fondant le BHDF je pouvais aider mon peuple de manière optimale.
« Au départ je me battais pour le peuple Karen. Plus tard, en 2020, j'ai commencé à lutter pour toutes les ethnies birmanes. Depuis 2024, je me bats pour les personnes vulnérables. »
Au départ je me battais pour le peuple Karen. Plus tard, en 2020, j'ai commencé à lutter pour toutes les ethnies birmanes. Depuis 2024, je me bats pour les personnes vulnérables.
Les dirigeants Karens doivent apprendre à marcher avec les dirigeants birmans, ils sont uniquement préoccupés par l'oppression des Karens par les birmans. D'un autre côté, la plupart des birmans considèrent les Karen comme un peuple inférieur. Les dirigeants Karens doivent aussi être dignes de confiance pour la jeune génération afin que les régions Karens se développent de manière optimale, parce que la jeunesse se tient à l'écart de toutes ces considérations racistes.
Selon moi, la Génération-Z, spécifiquement la jeunesse birmane constitue le futur de la résistance, avant c'était le peuple Karen qui luttait pour la liberté, maintenant ce sont toutes les ethnies.
Points de vue inspirants par Mahn Mahn / Interviewé(e) par Fondemos.
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