Aujourd’hui, 5 mars 2026, les électeurs népalais se rendent aux urnes pour élire les 275 membres de la Chambre des représentants, dans un contexte politique encore fortement marqué par la vague de protestations qui a traversé le pays en septembre 2025.
Ces manifestations ont éclaté après le blocage des plateformes numériques par le gouvernement, une décision largement perçue comme un acte de censure. Le mouvement a rapidement pris de l’ampleur, rassemblant des jeunes et d’autres groupes sociaux autour d’exigences liées à la corruption, au népotisme et à un sentiment plus diffus d’injustice.
Les manifestations aux abords du Parlement à Katmandou se sont étendues à plusieurs autres villes. Selon les chiffres officiels, la répression a fait 77 morts et plus de 2 000 blessés. Le 9 septembre 2025, le Premier ministre K. P. Sharma Oli a finalement démissionné.
La période qui a suivi a ouvert une transition institutionnelle. L’ancienne présidente de la Cour suprême Sushila Karki a été nommée Premier ministre par intérim. Le Parlement a été dissous le 13 septembre et des élections anticipées ont été convoquées pour le 5 mars 2026. Le gouvernement intérimaire a ensuite lancé plusieurs initiatives, dont une campagne anti-corruption et de nouvelles mesures de transparence, en réponse aux revendications des manifestants. La Commission électorale a également renforcé la réglementation encadrant les dépenses politiques et les dons.
Ces élections se distinguent aussi par l’arrivée de 915 000 primo-votants, sur un total de 8,9 millions d’électeurs inscrits. Leur présence parmi les candidats reste limitée, mais leur mobilisation en septembre a contribué à placer la lutte contre la corruption au centre du débat politique. Ces nouveaux électeurs ont pesé sur les discussions sans pour autant remodeler fondamentalement l’équilibre entre les partis.
Si les élections du 5 mars ne suffiront pas à elles seules à résoudre les faiblesses structurelles du système politique népalais, elles marquent une étape importante : le passage d’un cycle de contestation à une phase institutionnelle. La capacité des institutions à absorber cette transition permettra de mesurer la résilience du cadre constitutionnel mis à l’épreuve l’automne dernier.