En Iran, on demande : « Pourquoi maintenant ? » Mais ce qu’il faut garder en tête, c’est que ce n’est pas vraiment « maintenant » : la société iranienne n’a jamais cédé. C’est seulement que sa révolte se trouve étouffée par le cycle de l’actualité : l’Ukraine, Gaza, le Groenland, le Soudan, entre autres. Le désir de liberté et de justice ne disparaît pas lorsqu’il est écrasé. Il est inextinguible ; il ne se tarit pas. Seule son expression est, pour un temps, asphyxiée par la violence la plus brutale. Alors oui, la question du moment demeure mystérieuse : on peut tenter de provoquer l’étincelle, mais souvent il suffit d’une assiette vide. Il n’y a donc rien d’étonnant à voir des dizaines de milliers d’Iraniens dans la rue ; c’est un Grand peuple, avec du cœur et de l’esprit. Ce qui est stupéfiant, ce n’est pas ce qui se passe, mais que les fous qui dirigent ce Grand pays aient jamais cru pouvoir gouverner les Iraniens par l’autoritarisme et sans légitimité. Quelle naïveté. Quelle arrogance. La question, désormais, est de savoir comment empêcher quelqu’un d’autre de s’attribuer le mérite de leur victoire certaine en surgissant à la onzième heure, surtout si ce quelqu’un est un Ubu Roi orange. La question, désormais, est de savoir comment réduire au minimum le nombre de jeunes qui mourront pour leurs idées et pour leur dignité, afin que d’autres puissent vivre libres, et comment honorer la mémoire de celles et ceux qui auront consenti à ce sacrifice. La question, désormais, est de penser à l’après, d’offrir un avenir.
En Iran, on demande : « Pourquoi maintenant ? » Mais ce qu'il faut garder en tête, c'est que ce n'est pas vraiment « maintenant » : la société iranienne n'a jamais cédé. C'est seulement que sa révolte se trouve étouffée par le cycle de l'actualité : l'Ukraine, Gaza, le Groenland, le Soudan, entre autres.
À retenir
- La société iranienne n'a jamais cessé de résister ; sa révolte est seulement asphyxiée temporairement par la violence.
- La question n'est plus le « pourquoi maintenant » mais comment minimiser le nombre de jeunes qui mourront pour leur liberté.
- L'enjeu est d'empêcher une puissance étrangère de s'attribuer la victoire du peuple iranien à la onzième heure.
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