Points clés
- 01 Journaliste et cofondateur de la Ligue nationale pour la démocratie en Birmanie, U Win Tin a passé 19 ans en prison pour avoir transmis un rapport sur la torture à l'ONU.
- 02 Il a refusé à plusieurs reprises une libération anticipée conditionnelle, choisissant la prison plutôt que le silence imposé par la junte militaire.
- 03 Libéré en 2008, il a continué à porter sa chemise de prison bleue chaque jour en signe de solidarité, jusqu'à sa mort en 2014.
1962, l'armée prend le pouvoir
Pendant des décennies, la junte règne par la censure, l'emprisonnement et la torture systématique. Le journalisme indépendant devient un acte de résistance, et un acte dangereux. En 1988, un soulèvement populaire en faveur de la démocratie éclate, puis est sévèrement réprimé. Des centaines d'écrivains et de militants sont enfermés dans la tristement célèbre prison d'Insein, à Rangoon.
Une vie passée à se battre
Né en 1930, U Win Tin devient l'un des éditeurs et poètes les plus respectés de Birmanie. En 1988, il participe à la fondation de la Ligue nationale pour la démocratie aux côtés d'Aung San Suu Kyi. Un an plus tard, il est arrêté. Il passe 19 ans en prison, ce qui fait de lui le prisonnier politique ayant purgé la plus longue peine en Birmanie.
Emprisonné pour la vérité
Son crime : avoir dit la vérité. U Win Tin a été arrêté pour avoir envoyé un rapport sur la torture et les conditions de détention à un rapporteur spécial des Nations Unies. Accusé de propagande antigouvernementale, il est condamné à 21 ans de prison. En 1996, sa peine est prolongée pour possession d'un stylo et de papier.
La liberté n'a jamais été à vendre
À plusieurs reprises, la junte propose à U Win Tin une libération anticipée, à condition qu'il signe un document par lequel il renoncerait à toute activité politique. À chaque fois, il refuse. Pour U Win Tin, une liberté conditionnelle n'était pas une liberté du tout. Il préfère la prison au silence.
Libéré, mais toujours en lutte
Après sa libération en 2008, il n'a jamais cessé son combat. U Win Tin reprend immédiatement ses activités au sein de la NLD, encadre de jeunes militants et exige la libération de tous les prisonniers politiques encore enfermés. Chaque jour, il porte sa chemise de prison bleue en signe de solidarité, inspirant le Blue Shirt Day. Il la portera jusqu'à sa mort, le 21 avril 2014.
« Les dictateurs ne peuvent retenir que nos corps, pas nos âmes. »
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